Shōjin Ryōri @ Dojo de La Montagne Sans Sommet, 6 Rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris, France

Le cuisine Shōjin Ryōri est l’art culinaire issue des principes de Bouddhisme Chinois. Il s’agit d’une gastronomie fondée sur le végétarisme et la non-violence. Littéralement, Shōjin Ryōri signifie « la cuisine de la dévotion ». En effet, cuisiner fait partie de la vie quotidienne du moine, ce qui lui permet d’atteindre l’Éveil. De la part la médiation, le zazen, il arrive à voir l’univers, la vraie nature des choses dans ce qu’il mange. Ce soir, nous avons eu la présence de Mari Fujii, une Japonaise qui parcourt l’Europe pour faire découvrir cette cuisine vieille de 800 ans pourtant pratiquement inconnue en Europe. Pour elle, il s’agit non seulement de suivre les saisons mais aussi d’être en bonne santé par votre alimentation. C’est le Dojo de la Montagne Sans Sommet, qui vous permettra de vous initier à la médiation zen en suivant l’école Sōtō, une des principales formes de Bouddhisme Zen au Japon, originaire de la ville de Fukui, qui a organisé ce repas. Ce fut un moment de contemplation et vraiment impressionnant de se retrouver projeter directement dans la vie des bonzes Français à Paris. Après des chants et l’offrande aux ancêtres et aux êtres souffrants, le repas nous est servi sur un plateau laqué et comprend neuf petits plats. Du riz bien sur, la base de tout repas dans l’archipel, ici mélangé à du sakura,  le cerisier Nippon. Il y avait aussi une soupe à base de wakame, une algue, des légumes marinés, des tsukemono, à base de kōji (des ferments issus du riz), une salade de pomme de terre au miso et au vinaigre, un tofu de sésame, le gomadofu, relevé d’une pointe de wasabi, un nimono, des légumes bouillis, une friture de racines de lotus, age renkon, deux brochettes de konjac aux deux miso, dengaku konyaku miso, et des asperges à la sauce aux noix, aspara kurumi ae. Ne vous attendez pas en savourant ce repas à une explosion de saveurs. Ce repas est avant tout un appel à la médiation avec des saveurs simples, vraies et subtiles, voire plates pour un palais Européen non exercé. Il est difficile de juger ces petits plats quand on est habitué à la débauche de nourriture qui nous est servi de nos jours. Ce soir il y avait neuf plats mais le moine au Japon n’en n’a que trois… Après une dure journée de labeur, j’imagine que chaque saveur est démultipliée dans le silence monastique et que c’est là qu’on prend toute l’importance de déguster et respecter la nourriture. Les aliments sont avant tout lié à l’horizontalité avec le paysan qui les as cultivés et à ceux qui nous l’ont préparé, mais aussi à la verticalité car les recettes remontent au XIIème siècle, à nos ancêtres. L’Univers est présent dans notre assiette, et il nous est nécessaire de respecter ce repas sans gourmandise dans le but de servir tous les être vivants et de protéger la planète. Je m’emballe et je vous laisse plutôt admirer les photos de ce repas qui restera unique dans ma mémoire.

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